Découvrez les actualités et conseils pour accompagner l’éveil et le bien-être des enfants

L’éveil et le bien-être des enfants font l’objet d’évolutions réglementaires rapides en France. Le cadre qui entoure la petite enfance s’est durci sur la question des écrans, tandis que de nouveaux guides publics tentent de fournir aux parents des repères fiables dès la naissance. Ces changements modifient aussi le quotidien des professionnels en crèche et des assistantes maternelles.

Écrans et jeunes enfants : ce que change l’arrêté du 27 juin 2025

Depuis un arrêté publié au Journal officiel le 2 juillet 2025, la charte nationale pour l’accueil du jeune enfant interdit formellement toute exposition aux écrans pour les moins de 3 ans dans les modes d’accueil collectifs et individuels. Crèches, micro-crèches, assistantes maternelles : la télévision en fond sonore est désormais proscrite, même allumée sans intention éducative.

Cette interdiction n’est pas un simple rappel de bonnes pratiques. Elle s’inscrit dans un texte réglementaire opposable aux établissements d’accueil, ce qui signifie que les contrôles de la PMI (Protection Maternelle et Infantile) peuvent s’appuyer sur ce cadre pour évaluer la conformité d’une structure.

En parallèle, depuis janvier 2025, la recommandation « pas d’écran avant 3 ans, même en bruit de fond » figure dans le carnet de santé remis à chaque naissance en France. On retrouve parmi les articles récents de Douceur Enfance plusieurs éclairages sur la manière dont ces nouvelles règles se traduisent au quotidien pour les familles.

Les retours terrain divergent sur ce point : certains professionnels de la petite enfance estiment que l’interdiction manque de précisions sur les outils numériques utilisés à des fins pédagogiques (projection ponctuelle d’images, support musical), tandis que d’autres y voient une clarification attendue depuis longtemps.

Père et fillette jardinent ensemble dans un potager extérieur, l'enfant plante une graine dans la terre

Guide « Les clés de l’enfance 0-3 ans » : un repère public pour les parents

Le guide « Les clés de l’enfance 0-3 ans », publié en octobre 2025 par le ministère chargé de la petite enfance, s’adresse directement aux parents. Il rassemble des repères sur le développement du bébé, les modes de garde disponibles et les démarches administratives liées à la naissance.

Ce document s’inscrit dans la dynamique des « 1 000 premiers jours », un programme qui cible la période allant de la conception aux trois ans de l’enfant. Le guide ne remplace pas le suivi médical, mais il centralise des informations auparavant dispersées entre plusieurs sites institutionnels.

Un point mérite attention : le guide insiste sur l’importance d’un environnement protecteur et d’une écoute bienveillante, sans pour autant proposer de grille d’auto-évaluation pour les parents. Les données disponibles ne permettent pas de mesurer l’impact concret de ce type de document sur les pratiques familiales, mais sa diffusion systématique via les maternités garantit une large couverture.

Éveil psychomoteur en crèche : entre formation des professionnels et réalité des effectifs

L’accompagnement de l’éveil psychomoteur du jeune enfant repose largement sur la formation des professionnels de la petite enfance. Les établissements d’accueil sont tenus de proposer des activités adaptées à chaque tranche d’âge, mais la qualité de cet accompagnement dépend de plusieurs facteurs concrets :

  • Le taux d’encadrement réel dans la structure, qui conditionne le temps disponible pour l’observation individuelle de chaque enfant
  • La formation continue des auxiliaires de puériculture et des éducateurs de jeunes enfants, notamment sur les approches sensorielles et motrices
  • L’aménagement de l’espace : sols adaptés à la motricité libre, mobilier à hauteur d’enfant, zones calmes distinctes des espaces de jeu actif

La motricité libre, inspirée des travaux d’Emmi Pikler, reste un pilier de l’éveil en crèche. Le principe est simple : laisser l’enfant explorer ses capacités motrices à son rythme, sans le placer dans une posture qu’il ne maîtrise pas encore (assis calé, debout tenu par les bras).

En revanche, la mise en pratique varie selon les structures. Les micro-crèches, avec des groupes plus réduits, offrent souvent un cadre plus propice à l’observation fine. Les crèches collectives de grande capacité doivent composer avec des effectifs plus importants, ce qui rend l’individualisation du suivi plus complexe.

Éducatrice observant un enfant s'exercer à verser de l'eau dans un verre dans une salle de classe Montessori

Bien-être de l’enfant à domicile : ce que la réglementation ne couvre pas

Si le cadre réglementaire encadre de plus en plus finement l’accueil en structure collective, le domicile reste un espace où les repères sont moins contraignants. Les parents reçoivent des recommandations (carnet de santé, guides publics), mais aucune obligation comparable à celles imposées aux crèches ne s’applique au foyer familial.

La question des écrans illustre bien cette asymétrie. L’interdiction pour les moins de 3 ans s’applique aux modes d’accueil professionnels, pas au domicile. Un enfant peut passer sa journée en crèche sans aucune exposition aux écrans, puis retrouver la télévision allumée le soir chez lui.

Cette situation pose la question de la cohérence éducative entre les différents lieux de vie de l’enfant. Plusieurs acteurs du secteur plaident pour un renforcement de l’accompagnement des parents, notamment via les visites de la PMI durant les premiers mois et les consultations de suivi chez le pédiatre.

Sommeil, alimentation, interactions : les fondamentaux du bien-être

Au-delà des écrans, le bien-être du jeune enfant repose sur trois piliers que les professionnels de la petite enfance évaluent en priorité :

  • Le sommeil : respecter les rythmes individuels du bébé, y compris en collectivité, suppose des espaces de repos accessibles à tout moment de la journée
  • L’alimentation : la diversification alimentaire, généralement amorcée autour du sixième mois, nécessite une coordination entre les parents et la structure d’accueil
  • Les interactions sociales : le contact avec d’autres enfants et avec des adultes référents stables contribue au développement affectif et langagier

Ces fondamentaux ne sont pas nouveaux, mais leur prise en compte dans les politiques publiques françaises gagne en visibilité. Le projet de code de l’enfance, actuellement en discussion, pourrait à terme rassembler dans un texte unique l’ensemble des dispositions relatives aux droits et à la protection des enfants en France.

L’articulation entre les recommandations scientifiques, le cadre réglementaire et les pratiques quotidiennes des familles reste un chantier ouvert. Les évolutions récentes montrent une volonté d’alignement, mais la traduction concrète de ces textes dans le quotidien des enfants dépend encore largement des moyens humains et financiers mobilisés sur le terrain.

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